Peau très fripée et très ridée chez la femme mature : comprendre, prévenir, corriger
Pourquoi la peau devient-elle très fripée avec l’âge ?
Une peau très fripée n’est pas seulement une question d’années. C’est le résultat d’un effondrement progressif de sa structure interne. À partir de 40–45 ans chez la femme, la perte de collagène s’accélère. Après la ménopause, la chute des œstrogènes peut entraîner jusqu’à 30 % de perte de collagène en cinq ans. Résultat : la peau s’amincit, se déshydrate, perd son élasticité et se ride plus profondément.
La peau n’est pas un simple “revêtement”. C’est un organe vivant composé de trois couches :
- L’épiderme, en surface, assure la barrière et le renouvellement cellulaire.
- Le derme, en profondeur, contient collagène, élastine et acide hyaluronique.
- L’hypoderme, plus profond, participe au soutien et aux volumes.
Quand le collagène diminue et que l’élastine se fragmente, la peau ne “rebondit” plus. Elle se plisse. Elle se froisse. Elle marque.

Femme versus homme : pourquoi le vieillissement diffère-t-il ?
Chez la femme, le vieillissement cutané est souvent plus brutal autour de la ménopause. La peau devient plus fine, plus sèche, plus fragile. Les rides s’installent rapidement au niveau du contour des yeux, des joues et du cou.
Chez l’homme, la peau est naturellement plus épaisse et plus riche en collagène. Le vieillissement est plus progressif. Mais lorsqu’il devient visible, il est souvent plus marqué au niveau du sillon nasogénien, du front et de l’ovale.
La différence est hormonale, mais aussi comportementale : exposition solaire, tabac, hydratation, soins quotidiens.
Les plaintes les plus fréquentes en cabinet
En consultation, les demandes sont très claires :
- “Ma peau est froissée au réveil et ça ne disparaît plus.”
- “J’ai l’impression que mon visage s’est vidé.”
- “Le maquillage file dans les ridules.”
- “Mon cou me trahit.”
- “Je me sens fatiguée alors que je ne le suis pas.”
Ce n’est pas uniquement la ride qui gêne. C’est la perte de qualité de peau. Le manque d’éclat. La texture irrégulière. La sensation de peau fine, presque “papier”.

Pourquoi la peau se frippe-t-elle autant ?
La peau ne se froisse pas par hasard. Elle se transforme parce que sa structure interne s’affaiblit. Ce que l’on voit en surface est la conséquence d’un déséquilibre profond.
La baisse hormonale : un basculement biologique
Chez la femme, la chute des œstrogènes à la ménopause agit comme un accélérateur. Les œstrogènes stimulent la production de collagène, d’élastine et d’acide hyaluronique. Quand ils diminuent, la peau perd en densité et en hydratation.
Les études montrent qu’environ 30 % du collagène peut être perdu dans les cinq premières années suivant la ménopause. La peau devient plus fine. Moins résistante. Plus sèche. Elle marque plus vite et récupère moins bien.
Ce n’est pas seulement une ride. C’est un changement de matière.
Les UV : le principal responsable silencieux
Près de 80 % du vieillissement cutané visible serait lié à l’exposition solaire cumulée. Les UV ne font pas que pigmenter. Ils détruisent les fibres de collagène et fragmentent l’élastine. Ce phénomène s’appelle le photo-vieillissement.
Sous l’effet des UV, la peau produit des enzymes qui dégradent sa propre structure. À long terme, cela crée une peau épaissie en surface, mais relâchée en profondeur. Elle devient irrégulière, fripée, parfois parcheminée.
Le soleil ne ride pas seulement. Il désorganise.
Le tabac : une asphyxie cutanée chronique
La nicotine provoque une vasoconstriction. Moins de sang arrive dans les capillaires. Moins d’oxygène. Moins de nutriments.
Résultat : le renouvellement cellulaire ralentit, le teint devient terne, les rides s’installent plus tôt et plus profondément. Le tabac augmente également le stress oxydatif, ce qui accélère la dégradation du collagène.
C’est un vieillissement prématuré et qualitatif.
Le stress oxydatif et la pollution : une agression quotidienne
Chaque jour, la peau subit des agressions invisibles : particules fines, métaux lourds, radicaux libres. Ces éléments déclenchent une inflammation chronique de bas grade.
Les radicaux libres attaquent les membranes cellulaires et les fibres dermiques. La peau perd sa capacité à se réparer efficacement. Elle devient plus fragile, plus sèche, plus marquée.
Le vieillissement devient alors un phénomène inflammatoire continu.
La perte de masse graisseuse et osseuse : un effondrement des fondations
Avec l’âge, le visage ne perd pas seulement du collagène. Il perd du volume. La graisse profonde fond progressivement. L’os maxillaire et mandibulaire se résorbe légèrement.
La peau, qui reposait sur ces structures, se retrouve sans soutien. Elle se relâche. Elle se plisse. Elle se froisse comme un tissu devenu trop grand pour son armature.
C’est pour cela que certaines peaux semblent “vidées” plus que ridées.
En réalité, la peau se frippe parce que trois phénomènes se cumulent :
- Une perte de qualité cutanée.
- Une perte de soutien profond.
- Une diminution de la capacité de réparation.
Le vieillissement n’est donc pas un simple phénomène superficiel. Il est biologique, mécanique et structurel.
Les solutions médicales pour améliorer une peau très ridée
Avant de corriger, il faut comprendre.
Avant de traiter, il faut protéger.
1. La protection solaire : le premier traitement anti-âge
La prévention débute tôt. Très tôt.
Le soleil est responsable de la majorité du vieillissement visible. Et cela même par temps nuageux. Les UVA traversent les nuages, les vitres, et pénètrent profondément dans le derme, là où se trouvent le collagène et l’élastine.
La recommandation est simple :
protection solaire quotidienne, été comme hiver, dès le plus jeune âge.
C’est le geste le plus puissant pour préserver la densité cutanée.
2. L’hygiène de vie : la peau reflète le terrain
Une peau très fripée est souvent le miroir d’un déséquilibre global.
Arrêt du tabac.
Sommeil réparateur.
Alimentation riche en protéines et en bons lipides.
Hydratation suffisante.
Le collagène est une protéine. Le corps ne peut pas en produire efficacement s’il manque de substrats ou s’il est soumis à un stress chronique.
Au cabinet, l’approche est globale. La médecine esthétique ne se limite pas à un acte technique. Elle s’inscrit dans une cohérence.

Restaurer les volumes : redonner une architecture
Une peau très ridée est souvent une peau qui a perdu son soutien.
Avec l’âge, la graisse profonde diminue, l’os se résorbe légèrement, les points d’ancrage se déplacent. La peau devient trop grande pour sa structure.
Les injections d’acide hyaluronique ne servent pas seulement à “combler”.
Elles permettent de remodeler les volumes, de restaurer les piliers du visage, de redonner un appui à la peau.
En restaurant les pommettes, la vallée des larmes ou la ligne mandibulaire, on améliore indirectement la tension cutanée.
La ride profonde s’atténue parce que le support revient.
L’objectif n’est pas de transformer.
C’est de reconstruire.
Endolift : traiter le relâchement du bas du visage
Lorsque le relâchement est plus marqué, notamment au niveau des bajoues ou de l’ovale, la stimulation seule ne suffit plus.
L’Endolift agit en profondeur grâce à une fibre laser très fine introduite sous la peau. Il permet :
– Une rétraction cutanée ciblée
– Une stimulation intense du collagène
– Une amélioration du bas du visage sans chirurgie lourde
Il est particulièrement intéressant chez les patientes qui ne souhaitent pas de lifting chirurgical mais qui présentent un affaissement réel.
On ne traite plus seulement la surface.
On retend la structure interne.
Peeling TCA et peeling au phénol : traiter les peaux les plus ridées
Quand la peau est très marquée, parcheminée, abîmée par le soleil, les peelings profonds deviennent des outils puissants.
Le peeling au TCA permet de régénérer la peau en profondeur, d’améliorer la texture, d’estomper les rides superficielles à moyennes.
Le peeling au phénol, plus intense, s’adresse aux peaux très ridées, avec des rides profondes péribuccales ou péri-oculaires. Il provoque un renouvellement cutané majeur et une remise à zéro partielle de la qualité de peau.
Ces techniques demandent une sélection rigoureuse des patientes et une expertise précise.
Ce sont des actes structurants, pas des soins “cosmétiques”.
Blépharoplastie : la zone des yeux ne se traite pas comme le reste
Le regard trahit souvent en premier.
Excès cutané des paupières supérieures, plis marqués, peau fripée inférieure : parfois, ni injection ni laser ne suffisent.
La blépharoplastie permet de retirer l’excédent de peau et de restaurer la netteté du regard.
Elle peut être chirurgicale ou associée à des techniques de resurfaçage selon l’indication.
Autour des yeux, la précision est essentielle.
Un millimètre change tout.
Une logique claire
La philosophie reste constante :
- Protéger le capital cutané dès le plus jeune âge.
- Maintenir une hygiène de vie cohérente.
- Restaurer les volumes quand la structure s’effondre.
- Stimuler ou retendre lorsque la peau se relâche.
- Resurfacer lorsque la texture est altérée.
- Opérer quand l’excès cutané le nécessite réellement.
Une consultation permet de faire un bilan précis : qualité cutanée, perte de volumes, degré de relâchement, état hormonal, habitudes d’exposition solaire, hygiène de vie.














